Marilou (Pilou) Glinz, octobre-novembre 2015

 

Née à Genève (1953). Etudes secondaires. Ecole d’Arts Visuels, section sculpture, puis gravure. Diplôme en 1976. Perfectionnement en modelage à l’ESAV en 1991-92.Enseignement  des arts visuels au Cycle d’Orientation et au Collège de Genève. 

Marilou (Pilou) Glinz travaille la terre ainsi que le papier. Elle s’interroge sur toutes les interactions possibles entre ces deux matériaux: oeuvres figuratives dans un premier temps, où elle ne garde plus que les enveloppes légères de ses modelages de terre, elle continue  ensuite une recherche bi-dimensionnelle sur le thème de la transparence et de l’opacité du papier végétal. Ses  dernières recherches reprennent le thème des feuillets empilés, couches spatio-temporelles, liées entre autres au thème des générations successives. Elle a exposé à Genève, Lausanne et Fribourg. Nombreuses collaborations avec d’autres artistes, notamment avec une chorégraphe.

Lien

http://mariloupilou.ch/

Dentelles végétales

Qu’il soit déchiré, froissé, découpé, récupéré ou fabriqué à partir de fibres végétales et cellulosiques de diverses origines géographiques, l’art du papier s’inscrit désormais dans le champ de l’art contemporain et s’expose dans de multiples manifestations artistique internationales. Entre autres techniques, Marilou (Pilou) Glinz fabrique et utilise le papier depuis plusieurs décennies, aussi a-t-elle acquis dans cette expression un niveau d’excellence. Au cours de sa carrière se sont succédé plusieurs cycles consacrés au papier: l’expression du volume avec de véritables sculptures de papier résultant de moulage sur des modelages en terre ;  les « Ecritures de cire », soit des papiers encollés sur des supports type « tableaux » ; les « Papiers allumés », sortes de panneaux lumineux où la feuille laisse transparaître les végétaux et leurs réseaux de fibres, ou encore les installations in situ faisant interagir une palette variée de médiums, dont le papier, voire même en entremêlant les familles artistiques dans un espace spécifique. Plus récemment Marilou a abordé le thème du recyclage des matériaux avec une série de pièces désignées génériquement comme des « Permasculptures ». Les œuvres réalisées en octobre 2015 à « l’Atelier-Résidence LEZ’ARTS » aux Condémines explorent les limites du matériau papier en le soumettant à l’épreuve de la résistance, de la transparence extrême, de la pesanteur. L’artiste joue avec la finesse et la translucidité des voiles végétaux, créant des espaces de ruptures où vides, pleins, opacités et transparences s’organisent en une véritable dentelle ajourée. Au gré des variations de la lumière, les motifs des feuilles originelles se révèlent alors pleinement, reliés les uns aux autres par d’imperceptibles filaments ou par la chimie cellulosique. Pas de colle, pas de suture, aucun corps étranger n’intervient dans le processus d’assemblage, les feuilles de papier sont d’une seule pièce, uniques et originales. C’est précisément à ce moment que l’on perçoit la fragilité de l’ensemble, la beauté intime des linéaments végétaux, sa force aussi par l’émotion qui surgit de la puissance suggestive d’une simple feuille ou fibre. (Françoise-Hélène Brou)