Fanny Gagliardini, septembre 2018

Née en 1947, vit et travaille à Prévessins-Moëns (Ain).

Le travail pictural de Fanny revêt une dimension méditative, on parle parfois de peinture du silence: « Le minimalisme crée un tout est possible et un rien n’a lieu : dès lors prendre corps n’est pas forcément le saisir mais se mettre en état de questionnement à son égard en des états potentiels et une curiosité des possibles. »

(…) Dans un jeu de croisées démultipliant espaces et polarités, Fanny Gagliardini dépose sur ses tableaux des écrans semi-opaques, laissant transparaître et miroiter en profondeur le spectacle intérieur, le récit intime de son esthétique. Baudelaire reprochait à la sculpture de montrer trop de faces à la fois ; animée d’un même sentiment, l’artiste a choisi d’altérer délibérément quelques visibilités trop faciles, dans le but d’entraîner le regard au-delà de la barrière des évidences, de l’amener vers une coïncidence d’images, de formes et de significations. Vers un point ombilique dont l’essence se révèle, in fine, plus poétique que visuelle.

Françoise-Hélène Brou, Fanny Gagliardini : opacité et transparence, 2018, (extr.)